mardi 13 février 2018

Conférence sur l'abeille noire en Loire-Atlantique

Le 20 février dernier, nous avons organisé une conférence débat, et invité Lionel Garnery (chercheur au CNRS, et spécialiste de la génétique de l’abeille), sur la sauvegarde de l'abeille noire.
Le but est d'aider les apiculteurs à comprendre pourquoi il faut sauvegarder notre abeille locale (Apis mellifera mellifera), mais aussi à comprendre l'importance d'avoir de bonnes pratiques apicoles.
Nous souhaitons que les apiculteurs se rencontrent afin de les aider à porter des projets autour de l'abeille noire en Loire-Atlantique.

Ci-dessous l'article de Ouest-France paru le 29 janvier 2018.



Ci dessous l'article complet de Mme Laurence Misler.


Disparition en silence des abeilles noires (Apis mellifera mellifera).

Yann Audrain et Cédric Ouary (apiculteurs éleveurs) ont invité Lionel Garnery chercheur au CNRS spécialiste de la génétique de l’abeille, président de Fedcan (Fédération européenne des conservatoires de l’abeille noire) en charge du conservatoire d'Île-de-France.
Les apiculteurs amateurs et professionnels sont venus en nombre s’informer sur la sauvegarde de l’abeille noire en Loire-Atlantique. L’espèce locale dite endémique se fait de plus en plus rare pour de multiples facteurs. Il y a urgence.
Venues d’Orient il y a un million d’années, le genre Apis a donné quatre lignées ou ensemble de races ayant une histoire évolutive commune.
Ces lignées se sont réparties sur le globe selon les frontières géographiques (massifs montagneux, mers…).
Par sélections naturelles, elles se sont adaptées aux transitions climatiques et environnementales. Il n’existe donc pas « une » abeille souvent idéalisée (Maya), mais une trentaine d'espèces différentes adaptées aux territoires.
L’abeille noire, ou Apis mellifera mellifera est donc une sous-espèce de l’une de ces lignées qui a colonisé l’Europe de l’Ouest. Elle s’est adaptée au climat européen. Elle est vive, frugale et résistante.
Pourtant l’abeille noire est tombée en disgrâce auprès des apiculteurs. « Agressive, non productive et essaimeuse » : habillée d’une telle réputation, elle disparaît de nos contrées au profit d’abeilles importées pour répondre à des critères de rentabilité. L’abeille est sélectionnée sur son rendement en miel et non sur ses capacités de survie ! La disparition de l’abeille noire est le fait d’une sélection de l’homme à contre sens de la nature.
À force d’hybridations (métissages) avec les variétés d’abeilles importées, elle perd son patrimoine génétique. Ces multiples combinaisons sont invisibles aux yeux : en silence, l’abeille noire s’éteint. Lionel Garnery constate des analyses ADN : « Plus aucun apiculteur ne sait ce qu’il a dans ses ruches ! Il devient nécessaire d’assurer la conservation et le développement durable de l’abeille noire en particulier, sinon elle disparaîtra d’ici 10 ans. Il n'y aura que des hybrides, partout ».
A ce facteur, s’ajoutent les autres facteurs d’effondrement des colonies : pesticides, agriculture intensive, disparition des haies, désert de fleurs, parasites, maladies et les exterminateurs (frelons asiatiques).

Initiative sauvegarde des apiculteurs Nord Loire

Il y a huit ans, Yann Audrain et Cédric Ouary apiculteurs éleveurs sur leur temps libre se sont rencontrés : « Avec Yann, on a voulu élever l’abeille noire locale, celle que nos grands-parents élevaient. On a été confronté à une pénurie d’essaims en France ».
Ce constat a affermi leur volonté de sauvegarder cette abeille.
Plusieurs apiculteurs sensibilisés les ont rejoints. « C’est en discutant, en dépassant les points de blocage du passé, explique Cédric Ouary, que l’on va réussir à créer ensemble des zones de conservation pour renouveler les cheptels de notre abeille ». 


Cédric Ouary, Lionel Garnery, Yann Audrain.



Lionel Garnery chercheur au CNRS spécialiste de la génétique de l’abeille, président de Fedcan (fédération européenne des conservatoires de l’abeille noire) en charge du conservatoire d’Île-de-France.


Invitation conférence sur la sauvegarde de l'abeille noire

Remerciements :

Un immense merci à Lionel qui a su se rendre disponible, et prendre de son temps pour nous expliquer l'un des problèmes majeurs de l'apiculture.

Malheureusement, l'hybridation et la perte des capacités d’adaptations de nos abeilles mellifères n'est probablement pas encore assez pris en compte dans leur déclin.
Certaines hybrides sembles complètement déconnectées des saisons, et sans avoir recours à de grands coups de sirops, les colonies s'effondreraient rapidement.

A Mme Laurence Misler pour son très bon article.

A Céline pour avoir réalisé l'affiche de l'invitation de la conférence.

A Claudine, Céline, Sylvie, Nathalie, Rémy, et Thierry pour l'organisation du pot de l’amitié qui s'est terminé pour certain, tard dans la soirée...

Enfin, à tous ceux qui ont accepté notre invitation, et qui étaient présents le 20 janvier.

Cédric Ouary et Yann Audrain.

Traduction anglaise de l'article.

Saving European honey bees Apis mellifera mellifera
120 beekeepers gathered in La Chevallerais on the 24th of January to speak about the European bees, an endangered species.

« we are not really sure about the type of bees we have in our hives today! It is becoming necessary to ensure the preservation and development of the European bees if we don’t want this species to have disappeared in ten years. We will only be left with crossbreeds if we don’t », Lionel Garnery explained.
Lionel Garnery is a researcher from the National Center for Scientific Research (CNRS) who has specialized in the study of honey bee genetics. President of the Fedcan, he is also in charge of the Ile de France bee conservatory.
The European honey bee is losing its genetic heritage because of too many cross breedings with species of bees which have been imported from other countries. This is only of many factors, and we also have to take into consideration pesticides, intensive farming, disappearance of hedges, of flowers and appearance of parasites, diseases and Asian giant hornet.
Lionel Garnery was invited by two beekeepers Yannick Audrain and Cédric Ouary to host a conference in La Chevallerais near Chateaubriand on this particular topic.
Yannick Audrain and Cédric Ouary meet eight years ago : « we wanted to breed European honey bees, the type our grandparents used to breed, but we had to deal with a shortage of swarms of bees ». They decided to save this species and they want to create preservation areas to breed European honey bees. You can follow their project on their blog « abeillenoire44.fr ».






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